Communiqué de presse
Niamey, Niger, 18 juillet 2011 – La situation nutritionnelle des enfants reste toujours préoccupante au Niger où plus de 12 enfants sur 100 souffrent de malnutrition aiguë et ce malgré une bonne saison agro-pastorale 2010, selon les résultats de l’enquête sur la nutrition de l’enfant, menée en juin et rendue publique par l’Institut national de la statistique.
Le Gouvernement du Niger et ses partenaires appelle la communauté internationale à intensifier ses efforts et mobiliser tous les moyens pour lutter contre la malnutrition infantile et ses causes structurelles, et ainsi, répondre durablement aux besoins des plus vulnérables.
La prévalence de la malnutrition aiguë globale (MAG) chez les enfants de moins de cinq ans au Niger est revenue à son niveau de juin 2009, à 12.3 %, en baisse de plus de trois points (16.7%) par rapport à la dernière enquête nationale menée en novembre 2010. Elle demeure au-dessus du seuil d’alerte de 10%, pour sept régions du pays sur huit.
La situation des enfants âgés de 6 à 23 mois reste particulièrement alarmante: un enfant sur cinq est affecté par la malnutrition aiguë globale tandis que 4.2% des enfants de moins de deux ans souffrent de malnutrition aiguë sévère (MAS). Ces chiffres sont en baisse par rapport à juin 2010 mais reste bien au-dessus de ceux qui prévalaient en juin 2009, avant la grave crise alimentaire et nutritionnelle qui a frappé le Niger en 2010.
L’incidence de la malnutrition aiguë sévère, qui accroit sérieusement les risques de mortalité des enfants de moins de cinq ans, baisse significativement à 1.9% contre 3.2% en novembre 2010, des taux inférieurs à leur niveau de 2009 qui révèlent l’ampleur et la qualité des interventions conduites par le gouvernement et ses partenaires auprès des communautés et des centres de prise en charge.
Toute tranche d’âge confondue, l’enquête révèle une tendance très inquiétante concernant la malnutrition chronique, dont le taux augmente de cinq points, passant de 48% en juin 2010 à 51% en juin 2011. La prévalence de cette forme de malnutrition, qui nuit au bon développement moteur et psychique de l’enfant, illustre l’effet cumulatif des épisodes successifs de malnutrition chez l’enfant et révèle l’urgence d’agir en amont de la maladie, en offrant aux enfants une alimentation adéquate dès la naissance.
L’allaitement maternel exclusif dès la première heure de la naissance et jusqu’à six mois est une mesure gratuite, simple mais essentielle à un bon démarrage dans la vie. Une nutrition adéquate après six mois permet à l’enfant de ne pas perdre les bienfaits de l’allaitement et d’éviter tout risque de malnutrition. Seules 27% des mères allaitent leur enfant exclusivement jusqu’à six mois, selon la dernière enquête Survie de l’enfant de 2010.
« Les conséquences de la malnutrition sont énormes : morbidité et mortalité accrues, échec scolaire et baisse de la productivité. La promotion de ces pratiques et leur utilisation quotidienne est aujourd’hui fondamentale pour sauver des milliers d’enfants, » a expliqué le docteur Maimouna Guéro, directrice de la nutrition au sein du Ministère de la Santé publique au Niger.
Les acteurs de la nutrition au Niger estiment à 200,000 le nombre d’enfants de moins de six à 59 mois qui seront pris en charge en 2011 pour des épisodes de MAS; tandis 500,000 enfants souffrant de malnutrition aiguë modérée (MAM) et 140,000 femmes enceintes et allaitantes malnutries recevront des soins appropriés. Entre le 1er janvier et le 26 juin 2011, 122,218 enfants MAS et 152,317 enfants MAM ont été pris en charge par les structures publiques de santé, appuyées par les partenaires du gouvernement, une tendance qui reflète la bonne utilisation du dispositif national de dépistage et de référencement et de prise en charge des enfants.
Si la mise à l’échelle du réseau des centres de santé et des hôpitaux permet aujourd’hui une stabilisation de la situation nutritionnelle des enfants, cela est très loin de suffire : « Chaque semaine, des milliers d’enfants malades continuent d’arriver aux centres de santé, ce qui démontre une fois encore que nous devons nous attaquer sérieusement aux causes profondes de la malnutrition au Niger », a conclu le docteur Guéro.