mercredi 20 juillet 2011

LE GOUVERNEMENT DU NIGER ET SES PARTENAIRES APPELLENT A PLUS D’EFFORTS POUR PREVENIR ET COMBATTRE LA MALNUTRITION DES ENFANTS

Communiqué de presse
Niamey, Niger, 18 juillet 2011 – La situation nutritionnelle des enfants reste toujours  préoccupante au Niger où plus de 12 enfants sur 100 souffrent de malnutrition aiguë et ce malgré une bonne saison agro-pastorale 2010, selon les résultats de l’enquête sur la nutrition de l’enfant, menée en juin et rendue publique par l’Institut national de la statistique.

Le Gouvernement du Niger et ses partenaires appelle la communauté internationale à intensifier ses efforts et mobiliser tous les moyens pour lutter contre la malnutrition infantile et ses causes structurelles, et ainsi, répondre durablement aux besoins des plus vulnérables.

La prévalence de la malnutrition aiguë globale (MAG) chez les enfants de moins de cinq ans au Niger est revenue à son niveau de juin 2009, à 12.3 %, en baisse de plus de trois points (16.7%) par rapport à la dernière enquête nationale menée en novembre 2010. Elle demeure au-dessus du seuil d’alerte de 10%, pour sept régions du pays sur huit.

La situation des enfants âgés de 6 à 23 mois reste particulièrement alarmante: un enfant sur cinq est affecté par la malnutrition aiguë globale tandis que 4.2% des enfants de moins de deux ans souffrent de malnutrition aiguë sévère (MAS). Ces chiffres sont en baisse par rapport à juin 2010 mais reste bien au-dessus de ceux qui prévalaient en juin 2009, avant la grave crise alimentaire et nutritionnelle qui a frappé le Niger en 2010.

L’incidence de la malnutrition aiguë sévère, qui accroit sérieusement les risques de mortalité des enfants de moins de cinq ans, baisse significativement à 1.9% contre 3.2% en novembre 2010, des taux inférieurs à leur niveau de 2009 qui révèlent l’ampleur et la qualité des interventions conduites par le gouvernement et ses partenaires auprès des communautés et des centres de prise en charge.

Toute tranche d’âge confondue, l’enquête révèle une tendance très inquiétante concernant la malnutrition chronique, dont le taux augmente de cinq points, passant de 48% en juin 2010 à 51% en juin 2011. La prévalence de cette forme de malnutrition, qui nuit au bon développement moteur et psychique de l’enfant, illustre l’effet cumulatif des épisodes successifs de malnutrition chez l’enfant et révèle l’urgence d’agir en amont de la maladie, en offrant aux enfants une alimentation adéquate dès la naissance.

L’allaitement maternel exclusif dès la première heure de la naissance et jusqu’à six mois est une mesure gratuite, simple mais essentielle à un bon démarrage dans la vie. Une nutrition adéquate après six mois permet à l’enfant de ne pas perdre les bienfaits de l’allaitement et d’éviter tout risque de malnutrition. Seules 27% des mères allaitent leur enfant exclusivement jusqu’à six mois, selon la dernière enquête Survie de l’enfant de 2010.

« Les conséquences de la malnutrition sont énormes : morbidité et mortalité accrues, échec scolaire et baisse de la productivité. La promotion de ces pratiques et leur utilisation quotidienne est aujourd’hui fondamentale pour sauver des milliers d’enfants, » a expliqué le docteur Maimouna Guéro, directrice de la nutrition au sein du Ministère de la Santé publique au Niger. 

Les acteurs de la nutrition au Niger estiment à 200,000 le nombre d’enfants de moins de six à 59 mois qui seront pris en charge en 2011 pour des épisodes de MAS; tandis 500,000 enfants souffrant de malnutrition aiguë modérée (MAM) et 140,000 femmes enceintes et allaitantes malnutries recevront des soins appropriés. Entre le 1er janvier et le 26 juin 2011, 122,218 enfants MAS et 152,317 enfants MAM ont été pris en charge par les structures publiques de santé, appuyées par les partenaires du gouvernement, une tendance qui reflète la bonne utilisation du dispositif national de dépistage et de référencement et de prise en charge des enfants.

Si la mise à l’échelle du réseau des centres de santé et des hôpitaux permet aujourd’hui une stabilisation de la situation nutritionnelle des enfants, cela est très loin de suffire : « Chaque semaine, des milliers d’enfants malades continuent d’arriver aux centres de santé, ce qui démontre une fois encore que nous devons nous attaquer sérieusement aux causes profondes de la malnutrition au Niger », a conclu le docteur Guéro.

lundi 11 juillet 2011

crash en RDC: décès de Mgr Camille Lembi, Evêque du Diocèse d’Isangi, en Province Orientale

Isangi, le 11 juillet 2011 (caritasdev.cd): Mgr Camille Lembi Zameli sera enterré ce lundi 11 juillet dans la cathédrale Marie médiatrice d’Isangi, dans la Province Orientale. L’évêque d’Isangi est mort lors du crash d’un avion de la compagnie Hewa Bora à Kisangani, le vendredi 8 juillet. L’archevêque de Kisangani, Mgr Marcel Utembi, a conduit le corps du défunt jusqu’à Isangi. En présence du corps exposé dans la cathédrale, Mgr Utembi a présidé la messe le samedi et le dimanche. Il a demandé de prier pour toutes les victimes du crash de l’avion.

Mgr Utembi présidera la messe d’enterrement le lundi à 11H. Mgr Julien Andavo, évêque d’Isiro-Niangara et Mgr Richard Domba, évêque de Dungu-Doruma, concélébreront. Dans l’assemblée nombreuse et émue des samedi et dimanche, des religieuses et religieux étaient présents : des missionnaires oblats de Marie Immaculée, des frères de saint Gabriel et des sœurs Filles de la sagesse.

A l’homélie de la messe du dimanche, Mgr Utembi a invité le peuple de Dieu à se rappeler l’exemple de vie de Mgr Camille Lembi, dont la devise épiscopale, bien affichée au-dessus de la cathèdre, porte, en lingala : « Tosambela pe tosala mosala » (Prions et travaillons). Que dans la foi, le peuple de Dieu entretienne la présence de l’évêque disparu.

Pendant les dix ans de son épiscopat, l’évêque défunt s’est investi pour le développement intégral du peuple de Dieu : le développement du corps et de l’âme. Chaque jour, il a apporté la parole de Dieu au peuple. Mgr Lembi a installé une radio, la radio catholique Boboto. Il s’est investi pour l’amélioration des conditions de la santé. Et pour mieux organiser l’enseignement, il a fait venir au diocèse les frères de saint Gabriel. Il a travaillé de ses mains dans l’agriculture, l’élevage et la pisciculture.

Mgr Lembi a tout particulièrement promu la croissance du clergé diocésain. Avant sa mort, il s’apprêtait à ordonner prêtres, les 10 et 31 juillet, les abbés Célestin Osandu, Joseph Yaoleka et Raymond Itshakole. Il porterait ainsi le nombre des prêtres diocésains d’Isangi à 13 alors qu’en 2000, lorsqu’il devient troisième évêque d’Isangi, ils étaient 6.
Source: http://www.cenco.cd/


vendredi 8 juillet 2011

La guerre en lybie: ce que je crois

Depuis trois mois, l’Europe bombarde la Lybie sans répit. Elle prétend mettre fin au régime de Kadhafi, celui là que les puissants de ce monde adoubaient par le passé. Cette guerre coute chère.  Et constitue un précédent dangereux !
-          En décidant de désorganiser la Lybie, Sarkozy et alliés veulent faire main basse sur la richesse libyenne. Tout le monde sait que la Lybie est un marécage de pétrole. Cela suscite l’appétit des grands de ce monde. C’est d’ailleurs ce qui a amené des ballets de chefs d’état européens  en Lybie oubliant que Kadhafi n’a jamais été fréquentable. Sarkozy a préféré au nom du business sacrifié la démocratie et l’Etat de droit en Lybie pour recevoir avec faste le roi des rois d’Afrique en 2007. Kadhafi avait même posé sa tente de bédouin à l’Elysée.  A l’heure actuelle, tous ceux qui reconnaissent le régime de Benghazi le font sans doute pour des intérêts quelconques. L’Otan bombarde, détruit tout sur son passage. Après avoir tout détruit, il faudra reconstruire la Lybie. Et puisque l’état libyen n’existe plus, il faut envoyer des multinationales qui viendront rafler tout le marché. Lors de son dernier voyage en 2007 en France, Sarkozy n’a pas voulu parler de droit de l’homme à Kadhafi. Au contraire, tout a été axé sur le business. Nicolas Sarkozy avait fièrement parlé de la signature de contrats dune «dizaine de milliards d'euros». C’était pour fournir essentiellement de matériels militaires pour réprimer les paisibles libyens. Qui est coupable : le fabricant de la chicotte, l’utilisateur ? Les deux sont coupables. Aussi à l’époque, Claude Guéant aujourd’hui ministre de l’intérieur de Sarkozy déclarait fièrement que la  visite du roi des rois d’Afrique a permis de signer des contrats qui permettrait la création sur 5 ans pour les français de « l'équivalent de 30.000 emplois».  Tripoli avait confirmé l’achat de 21 Airbus pour un montant de près de 3,2 milliards de dollars. Au nom du business, les tyrans ont eu une place en France.

-          En décidant de parachuter des armes à des civiles, la France crée un précédent dangereux. On avait accusé le Soudan de soutenir des rébellions qui déstabilisaient le Tchad. Pour avoir nargué l’occident le président soudanais est recherché par le tribunal pénal international. Quel crédit donné à un pays qui décide d’armer les civils. La France terre des droits de l’homme décide de doter chaque libyen d’un fusil d’assaut. Pourquoi parachuter des armes à des paisibles gens qui ne désirent que vivre en paix. En les armant, Paris leur donne la possibilité de militariser des tribus qui pourront demain retourner l’arme contre les européens. On ne pourra pas s’étonner demain que des tribus puissent user des ces armes pour capturer des occidentaux et exiger comme en Somalie des rançons en devises.

-          Ce que l’occident ignore, l’insurrection libyenne est armée. Ce n’est pas le cas en Tunisie, Egypte puisque dans ces deux pays, les citoyens manifestaient pour de lendemains meilleurs. On se rappelle que par le passé, l’Europe chantait les louanges et les mérites des régimes de Ben Ali en Tunisie et d’Hosni Moubarak en Egypte. Ils étaient des modèles, des remparts contre l’islamisme. Aujourd’hui, la rue a décidé autrement. En Lybie, ce sont d’anciens barrons du régime Kadhafi qui décident de prendre le pouvoir. Ils s’émancipent de leur maître. Il s’agit d’une rébellion. Il ne faut souvent pas confondre foule et peuple. En Lybie c’est un groupe non homogène qui a comme seul souci de conquérir le pouvoir. On ne sait presque rien de leur motivation future. C’est clair que l’Occident joue à un jeu très dangereux. Le CNT adulé aujourd’hui sera le bourreau de ceux qui le poussent à conquérir le pouvoir demain.

-          La chute du clan Kadhafi ne résoudra aucun problème. Très peu de gens en Lybie savent ce que signifie démocratie. L’Etat n’a jamais existé et ceux qui aujourd’hui agissent au sein du CNT ignorent que la démocratie rime avec liberté. Loin de moi de prédire l’avenir mais comme en Côte d’Ivoire, nous allons assister à des règlements de compte et à des exécutions sommaires.

-          Le désordre en Lybie a permis une éclosion du trafique d’armes de tout genre. Récemment au Niger, l’armée a intercepté une importante cargaison d’arme à destination des bandes armées qui écument le Sahel. On parle de livraison pour Al-Qaïda au Maghreb. Dieu seul combien de tonnes d’armes sont déjà dans les mains de bandits armés. Le désordre en Lybie menaces les Etats voisins. Le Niger et le Tchad qui partagent des milliers de km de frontière avec la Lybie craignent pour leur sécurité. Il y a un réel risque de déstabilisation de la sous région. La Lybie était l’île où des millions de subsahariens qui faute de trouver dans la terre la nourriture qu’il leur faut, vont en Lybie et par de petits boulots sauvent la famille. Ils sont tous revenus dans leur pays. Et sans argent, ils seront obligés de voler, de braquer.

-          Le Conseil National de Transition basé à Benghazi parle d’une seule voix pour l’heure. Chose normale parce qu’il y a un ennemi commun qui se nomme Kadhafi. Lorsque celui-ci partira, les membres du CNT étaleront leur divergence aux yeux du monde. Chacun voudra une bonne part du butin et ainsi naitront les grincements de dents. Et comme tout le monde est armé, on assistera sans nul doute à des émiettements de mouvements qui se feront la guerre à l’image des cartels de drogues qui pour contrôler un territoire se livrent une guerre sans merci.

En cherchant à mettre la main sur la richesse du sous sol libyen, l’Europe de Sarkozy et l’Amérique d’Obama déstabilise le tissu des voisins de la Lybie. En parachutant les armes à des civiles, la France crée les jalons d’une autre insurrection qui lui jouera bien de tour. La Libye contenait ses milliers de candidats qui rêvent de l’Europe. Désormais, l’Europe accueillera cette misère.

Et cette guerre coute chère. Chaque sortie d’avion militaire se chiffre en milliers d’euros. Si on fait la somme des couts, les munitions ont déjà couté au moins  39.360.000.000 milliards de CFA, 16.400.000.000 milliards de primes aux militaires engagés dans la bataille. Si on ajoute les couts indirects de cette sale guerre, on franchit la bagatelle somme de 59.040.000.000 milliards de CFA. A tout cela, il faut ajouter les dégâts au sol, les pertes en vie humaines, la prolifération des armes,…
C'est bien dommage que l’Europe au nom de ses intérêts, décide de ne voir que ce qu’elle veut voir et n’entendre que ce qu’elle veut entendre. On sait quand commence une guerre mais on ne sait pas quand elle prendre fin.